Caryophyllène

Les températures, leurs inversions, la direction du vent, sa vitesse.
Autant de paramètres qui influent sur la circulation et la concentration des odeurs.

D’où le caractère fugace des odeurs, et la nécessité d’intervenir rapidement : une plainte déposée à six heures du matin, et plus rien à six heures quinze, au même endroit. Vous l’avez peut-être déjà constaté. La source n’a pas changé. La météo, si.

Observons ces paramètres.

• La température. Elle joue deux fois : la chaleur rend les composés plus volatils, donc l’émission augmente à la source ; et elle réchauffe l’air au contact du sol, qui s’élève et entraîne le panache vers le haut.

• Les inversions de température. C’est le paramètre le moins visible, et il est souvent déterminant. En situation courante, l’air se refroidit à mesure que l’on s’élève : le panache monte et se dilue. Lors d’une inversion (fin de nuit, petit matin, ciel dégagé, vent faible), l’air froid reste au sol sous une couche plus chaude. La dilution verticale est bloquée, et le panache reste plaqué au sol.

• La direction. Par convention, un vent porte le nom du secteur d’où il vient, pas de celui vers lequel il va. Un vent de sud expose donc ce qui se trouve au nord. Et quelques degrés de variation suffisent à déplacer le panache : c’est ce qui fait qu’une odeur perçue à six heures peut avoir disparu un quart d’heure plus tard.

• La vitesse. Elle agit en sens contraires. Un vent soutenu dilue les composés odorants, mais les transporte plus loin. Un vent faible limite la portée, mais concentre les odeurs près de leur origine.

• L’hygrométrie. L’air humide retient l’odeur. Les composés les plus solubles dans l’eau (ammoniac, amines, composés soufrés, acides gras volatils) se maintiennent plus longtemps dans un air chargé d’humidité.
Un brouillard de fin de nuit réunit d’ailleurs les trois conditions défavorables : air humide, vent faible, inversion.

• Les précipitations. Elles agissent en deux temps. La pluie lave l’air : elle entraîne au sol les gaz solubles et les particules, et la perception chute pendant l’averse. Mais elle mouille les surfaces, et une surface odorante qui avait séché libère à nouveau, parfois fortement, dès les premières gouttes. L’humidité favorise également l’apparition de nouvelles odeurs…

Ces paramètres se combinent, et le résultat prend souvent l’intuition à contre-pied.
Pour des sources situées au sol ou à faible hauteur, les situations les plus défavorables ne sont pas les vents forts. Ce sont les vents faibles sous atmosphère stable, plus encore lorsque l’air est humide.

C’est ce qui contribue à la plainte de six heures du matin.

Ces éléments nous aident à remonter jusqu’à la source odorante.
Nez-chercheurs.

🌿
#Olfaction#LangageDesNez#NuisancesOlfactives#ExpertiseOlfactive#Odeurs#Caryophyllène