Caryophyllène

J’ai animé une expérience olfactive peu banale dans la tourbière d’Heurteauville, pour le Département de la Seine-Maritime.
Un groupe intergénérationnel de Normands est venu découvrir cet Espace Naturel Sensible… avec leur nez.

Les odeurs sont par nature volatiles, leur présence ou non dépendent de nombreux facteurs, c’est pourquoi je suis venue avec mes flacons d’odorants.

  • Le diméthyle de disulfure et l’amine : pour les eaux stagnantes.
  • La géosmine et l’hexénol : pour la terre humide, les herbes écrasées.
  • Le phénol, le paracrésol, le gaïacol : molécules de la tourbe brûlée, de cette odeur fumée du whisky.

@SergeBarge, le plus grand connaisseur de whiskys que je connaisse, m’a expliqué les différentes sources d’apport de cette odeur/saveur, notamment dans ce grand pays producteur, l’Ecosse. Cette odeur fumée vient :

  • De l’eau, filtrée naturellement par la tourbe.
  • Du malt séché avec de la tourbe.
  • Des fûts nettoyés à la tourbe, dont les molécules phénolées imprègnent le bois.

Il les retransfère dans le précieux liquide. Plus les whiskys sont vieillis dans les tonneaux, plus le transfert est important, et l’odeur tourbée importante.

Pendant l’atelier, j’ai aussi beaucoup appris.
Une participante m’a dit que l’odeur de l’amine lui rappelait un matériau d’arts plastiques : le drawing gum.
Et les enfants, formels, ont identifié des notes phénolées dans… les olives !

Je vais aller vite y mettre mon nez.
Parce que je ne m’en étais pas rendue compte, j’ai encore tellement à apprendre, c’est pour ça que je ne m’ennuie jamais avec les odeurs.

Merci à tous les participants pour ces échanges riches, joyeux et parfois… olfactivement remuants !
Et vous, quelle odeur inattendue vous a déjà surpris dans la nature ?